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    Qui a signé le Manifeste des 343 ?

    AudreyPar Audrey2 février 20267 Mins de lectureMise à jour:2 février 2026
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    Résumé

    Avant 1975 l’avortement était interdit en France, poussant les femmes vers des pratiques clandestines. Le Manifeste des 343, lancé en 1971 par Simone de Beauvoir, réunit 343 femmes, intellectuelles, artistes et anonymes qui déclarent publiquement « J’ai avorté ». Parmi les signataires célèbres figurent Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Delphine Seyrig et Monique Wittig. Le texte crée un choc médiatique, brise le silence et prépare le terrain pour la loi Veil de 1975, qui légalise l’interruption volontaire de grossesse et marque un tournant majeur des droits des femmes.

    Vous le savez sans doute déjà : obtenir un droit fondamental peut parfois demander des années, voire des décennies, de combats acharnés. En France, au début des années 1970, parler d’avortement relevait encore de l’interdit. Pourtant, en 1971, un tournant majeur s’est produit grâce à un acte sans précédent : le Manifeste des 343. Un texte audacieux, signé par autant de femmes, qui ont osé braver la loi pour dire haut et fort : « J’ai avorté ». Ce manifeste, publié dans le journal Le Nouvel Observateur, n’était pas qu’une simple déclaration. C’était un cri de révolte, un appel à l’humanité, une avancée décisive dans la bataille pour la liberté des femmes sur leur propre corps. Alors, qui a signé le manifeste des 343 ? Et surtout, pourquoi cette liste de noms reste-t-elle si importante aujourd’hui ?

    Le contexte historique du Manifeste des 343

    infographie Contexte du Manifeste des 343

    La situation de l’avortement en France avant 1971

    Jusqu’en 1971, l’avortement en France est rigoureusement interdit. La loi de 1920, adoptée dans un contexte de dénatalité, le pénalise très sévèrement. Les femmes qui tentent de maîtriser leur fécondité courent des dangers considérables. Trop souvent, elles se tournent vers des avortements clandestins, pratiqués dans des conditions sanitaires déplorables.

    Le risque de complications graves, voire de décès, est réel. Et ce n’est pas tout : la honte sociale, le silence forcé, l’isolement… Toute une pression pèse sur celles qui osent agir contre la loi. Le manifeste, quand il paraît, vient justement briser ce silence pesant. Il rappelle à tous que l’interdiction ne supprime pas la pratique, elle la pousse seulement dans l’ombre. A noter que à cette époque :

    • L’avortement est puni par des peines de prison et des amendes
    • Aucun cadre légal ne permettait l’avortement, y compris en cas de viol ou de danger pour la mère
    • Les femmes se retrouvent seules face à une décision vitale, sans soutien légal ni médical

    Le rôle des mouvements féministes naissants

    Juste après Mai 68, un vent nouveau souffle sur la société française. Parmi les mouvements qui émergent, le Mouvement de libération des femmes (MLF) s’impose rapidement comme une force de proposition radicale. Les féministes de cette époque ne se contentent pas de demander des améliorations : elles veulent une transformation profonde des rapports entre les hommes et les femmes.

    Le contrôle de leur corps devient un enjeu central. L’idée d’avorter librement n’est plus un tabou, mais une revendication politique. Et pour pousser le gouvernement à agir, il faut un coup d’éclat.

    ÉvénementAnnéeImpact sur le droit des femmes
    Mai 681968Déclencheur des mobilisations sociales et féministes
    Manifeste des 3431971Choc médiatique et politique autour de l’avortement
    Loi Veil1975Légalisation de l’interruption volontaire de grossesse

    Simone de Beauvoir, instigatrice du manifeste

    infographie Simone de Beauvoir, instigatrice du manifeste

    Chez beaucoup de signataires, c’est Simone de Beauvoir qui a donné l’impulsion décisive. La philosophe et écrivaine, déjà connue pour Le Deuxième Sexe, est une figure majeure du féminisme français. Son engagement pour l’égalité des sexes n’est pas récent. Elle comprend vite que le droit à l’avortement est une clé essentielle de l’émancipation des femmes.

    C’est elle qui encourage la rédaction du texte, qui appelle ses consœurs à signer, et qui utilise sa notoriété pour donner du poids à l’initiative. En prouvant par son courage qu’une femme publique peut assumer un acte puni par la loi, elle ouvre une brèche.

    Pour beaucoup, Simone de Beauvoir n’est pas seulement une signataire. Elle est l’âme du manifeste. Son engagement donne à l’action une dimension philosophique et éthique : il ne s’agit pas seulement de désobéir, mais de revendiquer un droit fondamental à disposer de son corps.

    Les 343 femmes qui ont signé le manifeste

    infographie Les 343 femmes qui ont signé le manifeste

    Quand le manifeste paraît, il fait l’effet d’une bombe. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas que signé par des anonymes. Il l’est aussi par des femmes publiques, connues du grand public. Elles n’ont pas hésité. En reconnaissant publiquement avoir avorté, elles ont pris un risque juridique réel. Car oui, en avouant un acte illégal, elles s’exposaient à des poursuites.

    Voici les principales personnalités identifiées :

    • Simone de Beauvoir
    • Marguerite Duras
    • Agnès Varda
    • Catherine Deneuve
    • Jeanne Moreau
    • Françoise Sagan
    • Gisèle Halimi
    • Delphine Seyrig
    • Monique Wittig
    • Christine Delphy
    • Anne Tristan
    • Claude Servan-Schreiber
    • Nicole Muchnik
    • Colette Audry
    • Françoise d’Eaubonne

    Ces signatures, parmi d’autres, ont donné au texte une portée immense. Un observateur contemporain ne pouvait pas ignorer que même les femmes les plus visibles succombaient aux mêmes contraintes que les anonymes. C’était un appel à la solidarité. Et surtout, un rappel brutal : si ces femmes ont avorté sans être inquiétées, c’est parce qu’elles avaient les moyens d’aller à l’étranger ou de payer des praticiens discrets. Les plus vulnérables, elles, n’avaient pas ce luxe.

    Ce contraste a été mis en lumière par des témoignages croisés. Dans les récits qui ont suivi, on retrouve des enseignantes, des ouvrières, des anonymes. Leur inclusion dans le manifeste montrait que la lutte contre l’injustice de l’interdiction de l’avortement concernait toutes les classes sociales.

    Le manifeste des 343 n’était pas un geste isolé. C’était le début d’un changement profond.

    Un scandale pour l’époque, il a permis de sortir l’avortement du silence pour en faire un sujet de débat public, nécessaire et urgent. Il a ouvert la voie à la loi Veil de 1975, un tournant juridique majeur. Plus encore, il a marqué un bouleversement dans les mentalités, montrant que les femmes pouvaient parler librement de leur corps, sans honte ni peur. Aujourd’hui, chaque fois qu’un nouveau droit est remis en cause, on peut se tourner vers ce moment historique comme vers une source d’inspiration.

    A savoir : Il est connu sous le nom du « manifeste des 343 salopes », l’expression vient de Charlie Hebdo.

    FAQ

    Simone de Beauvoir est‑elle à l’origine du Manifeste des 343 ?

    Oui, Simone de Beauvoir a initié le texte, encouragé les femmes à signer et a donné son poids médiatique au projet.

    Simone Veil a‑t‑elle signé le Manifeste des 343 ?

    Non, Simone Veil n’a pas signé le manifeste, elle était ministre de la Santé et a porté la loi Veil en 1975.

    Quels sont les noms des célébrités qui ont signé le Manifeste des 343 ?

    Parmi les célébrités : Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Delphine Seyrig, Monique Wittig, ainsi que d’autres actrices, écrivaines et intellectuelles.

    Quels risques encouraient les signataires du Manifeste des 343 ?

    En avouant un acte illégal, les signataires s’exposaient à des poursuites pénales, à des amendes et à la stigmatisation sociale.

    Qu’est‑ce que le Manifeste des 343 ?

    Le Manifeste des 343 est un texte publié en 1971 dans Le Nouvel Observateur où 343 femmes déclaraient publiquement avoir avorté pour dénoncer l’interdiction de l’avortement.

    Quel impact le Manifeste des 343 a‑t‑il eu sur la loi Veil de 1975 ?

    Le manifeste a créé un choc médiatique qui a mis la question de l’avortement au centre du débat public, ouvrant la voie à la loi Veil qui a légalisé l’IVG en 1975.

    Pourquoi le Manifeste des 343 a‑t‑il marqué l’histoire du droit à l’avortement ?

    Il a brisé le silence, montré que l’interdiction n’empêchait pas les avortements et mobilisé l’opinion publique autour d’un droit fondamental.

    Comment les femmes avortaient‑elles avant la loi Veil ?

    Avant 1975, les femmes recouraient à des avortements dans la clandestinité, souvent dangereux, pratiqués par des médecins non autorisés ou à l’étranger.

    Qui a voté la loi contre l’avortement avant 1975 ?

    Avant 1975, la loi de 1920 criminalisait l’avortement, aucun vote en faveur de l’avortement n’existait.

    Quels sont les trois grands combats de Simone Veil ?

    Les trois grands combats de Simone Veil sont : la légalisation de l’avortement (loi Veil), la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, et la construction européenne.

    audrey photo
    Audrey

      Audrey Mathieux exerce dans le domaine de la psychologie, et est la fondatrice du blog « je vais bien merci ». Depuis plusieurs années, elle s’intéresse aux liens entre le corps et l’esprit : alimentation saine, hygiène de vie, sommeil, gestion du stress et prévention au quotidien.

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